LE TRANSPORT EN BICYCLETTE EN ÎLE DE FRANCE
L’usage de la bicyclette comme moyen de transport est en régression en petite et grande couronne; car malgré les déclarations convenues sur le bien fondé des modes de transports écologiques,
l’utilisateur de la bicyclette est considéré comme un original
L’usage de la bicyclette utilitaire présente des inconvénients et des contraintes par rapport aux standards en matière de confort
Les inconvénients naturels
La bicyclette n’offre aucune protection contre les intempéries. La plupart du temps elle exige une tenue adaptée assez inélégante, et qui s’avère incompatible avec les contraintes vestimentaires
liées à l’activité professionnelle ou avec le souci d’avoir une bonne présentation.
Le vélo, ou tout ou partie de celui-ci, se vole très facilement et l’usage de l’antivol est fastidieux, et de toute façon insuffisant pour garantir l‘intégrité du matériel. Le meilleur est
un stationnement à proximité et à portée de vue
Le vélo, comme les autres deux roues d’ailleurs, mais de façon plus accentué, est en équilibre instable et le cycliste n’est pas protégé des conséquences des chutes. Le moindre obstacle sur
la chaussée est un danger.
L’éclairage est tout juste suffisant pour être vu et en aucun cas il ne permet d’éclairer la route devant soi.
Le risque de collision avec un autre véhicule est bien entendu grave de conséquences.
Enfin et surtout, l’usage régulier de la bicyclette comme moyen de transport, nécessite une bonne condition ( qui d’ailleurs se développe et s’entretient par la pratique régulière ) et un goût
certain pour l’effort physique.
Si les obstacles au développement du transport à bicyclette sont conséquents, les bonnes solutions existent pour y remédier. Le jeu en vaut la chandelle: le vélo n’utilise aucune énergie fossile ou nucléaire et ne rejette rien dans l’atmosphère ( la preuve en est que le vélo n’a pas de pot d’échappement ! )
b) Les remèdes
Le vélo doit se réapproprier l’usage de la chaussée
Le deux roues étant vulnérable, l’usage de la piste cyclable c’est-à-dire un endroit séparé de la circulation automobile et attribué à la pratique du deux roues non motorisé parait à première vue
la solution appropriée. Bien que le concept de piste cyclable ait plusieurs dizaines d’années d’existence, le nombre de kilomètres de piste cyclable est actuellement de 2485 avec seulement une
croissance de 60% depuis 1999 malgré la loi du 30 décembre 1996 (1)
Le terme « piste » montre effectivement le peu de considéraion porté à la bicyclette. Or pas de promotion possible sans la considération.
Les pistes cyclables, un constat affligeant.
Que trouve t-on le plus souvent sous le vocable piste cyclable?
En cœur de ville
Un trottoir sur lequel on a simplement tracé une bande de couleur en son milieu (indication de double sens), trottoir évidemment emprunté par les piétons, rasant l’alignement des façades
et des entrées de garage au risque de se trouver nez à nez, avec une poussette de bébé. Ce trottoir reconverti en piste cyclable a pu être préalablement refait. Sinon le cycliste devra
affronter trous, bosses, bateaux de sortie de garage, pièges divers et variés.
Un tronçon de piste peut surgir brusquement, longer la chaussée sur une distance plus ou moins longue, voir très courte ( moins de 100 mètres ) et disparaître aussi subrepticement. A chaque
intersection, la piste s’interrompt, la visibilité au carrefour est quasi nulle et la signalisation inexistante.
Les itinéraires de liaison
Sur ces voies où la vitesse des véhicules est plus élevée, les tronçons de pistes cyclables qui surgissent ça et là font office de caniveaux et de bande d’arrêt d’urgence
La piste cyclable fait office de caniveau car la circulation automobile intense fait rejeter cailloux, gravier, petits débris divers sur le bas coté de la route. Le risque de crevaison, hantise
du cycliste est très élevé. De surcroit la proximité de la piste d’avec le talus entraine un débordement de feuilles et mousses qui rend la la piste extrêmement glissante.
Il est inutile de préciser que ces pistes cyclables ne sont jamais nettoyées par les services municipaux ou départementaux. Et le contraste est saisissant entre l’état impeccable du revêtement de
la route et l’état d’abandon des pistes cyclables qui la bordent.
En conséquence le vélo, moyen de transport, doit se réapproprier la chaussée.
Touts ces aménagements résultent d’une lecture à minima de l’article 20 de la loi de 1996 précitée.
Une modification de la loi et une réécriture de son article 20 est indispensable
Redonner l’usage de la chaussés aux bicyclette ce peut-être la création de nouveaux axes de circulation exclusivement réservés à la bicyclette.
Les occasions n’ont pourtant pas manquer. Les aménagements cyclables adéquats aurait pu être réalisés à la faveur des projets de transports collectif en site propre. Hélas le vélo à été jusqu’à
présent oublié des tracés des nouvelles lignes de tramway.
Allons plus loin. de la même manière qu’il y a des voiries réservées à la circulation piétonne, il doit y avoir des rues et des routes réservées à la bicyclette.
La souplesse d’utilisation de la bicyclette serait grandement améliorée avec les dispositions comme des aires de stationnement réservées, surveillées, couvertes devant les gares mais aussi à
l’intérieur des locaux commerciaux, des locaux administratifs, des entreprises
Jouxtant ces parkings, des vestiaires-cabines pour se changer
La promotion du deux roues non motorisé ne peut être que global tant les différents aspects de celui-ci sont interdépendants: utilitaire, loisir, touristique, sportif, médical
De la même manière qu’il y a le circuit Carole pour les deux roues motorisées je propose qu’il y ait en région parisienne plusieurs circuits dédiés à la pratique sportive, en amateur, du
vélo. Ces itinéraires balisés et entretenus, devraient permettre aux pelotons de cyclos de pratiquer leur activité sportive du dimanche matin, avec un maximum de sécurité
L’amélioration de l’image de la bicyclette dans l’opinion passe obligatoirement par une campagne publicitaire, télévisuelle, avec des spots réguliers en rapport avec tous les aspects évoqués.
La région en serait la maitresse d’œuvre. L’état, par l’intermédiaire des différents ministères concernés pourrait se joindre aux efforts de la région.
Alors, quelle structure?
Reste à décider, pour la bicyclette, quelle est la structure la plus à même d’élaborer un plan d’action et piloter les réalisations.
Un schéma directeur pour l’ensemble de la région sous la responsabilité politique et administrative du conseil régional?
Un puzzle de schémas directeurs locaux au niveau des communes et des communautés d’agglomérations
Ou alors ne faut-il pas mieux une solution intermédiaire, c’est à dire diviser la région Ile de France en autant de « comités de plaques » dotés chacun d’une structure
décisionnelle à inventer, et dans laquelle le représentant de la région y jouerait le rôle de fédérateur.
Alain polu
(1)L’article 20 de la loi du 30 décembre 1996 sur l'air et l'utilisation rationnelle de l'énergie, prévoit « qu’à l'occasion des réalisations ou des rénovations des voies urbaines,
à l'exception des autoroutes et voies rapides, doivent être mis au point des itinéraires cyclables incluant des aménagements sous forme de pistes, marquages au sol ou couloirs indépendants,
en fonction des besoins et contraintes de la circulation. L'aménagement de ces itinéraires cyclables doit tenir compte des orientations du Plan de Déplacements Urbains, lorsqu'il existe ».
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